L’endométriose et moi

By Laura mardi, mars 7, 2017 1 No tags Permalink

En cette semaine de sensibilisation à l’endométriose (du 6 mars au 12 mars), j’ai décidé de vous écrire ce petit article un peu plus personnel.

Le 20 février dernier on m’a diagnostiqué de l’endométriose sur les deux ovaires, après un an de douleur pelvienne. Alors si j’écris cet article ce n’est pas pour qu’on me plaigne ou autre, mais pour faire connaitre cette maladie encore mal connue et faire s’interroger les femmes à ce sujet.

 » L’endométriose est une maladie chronique, généralement récidivante qui touche 1 femme sur 10, en âge de procréer.
L’endométriose est habituellement découverte vers 25 ans à 40 ans, en raison de douleurs anormalement intenses dans le bas-ventre ou d’un problème d’infertilité. En effet, de 30 % à 40 % des femmes atteintes d’endométriose sont infertiles.
L’endométriose est caractérisée par une présence de fragments d’endomètre anormale. En général, quand l’ovule n’est pas fécondé, l’endomètre est éliminé pendant les règles et renouvelé par la suite, mais quand ce tissu poursuit son développement hors de l’utérus, il ne peut alors pas être évacué et provoque des douleurs insoutenables et une profonde fatigue « 

Il faut savoir également qu’il n’y aujourd’hui pas de traitement à proprement parlé pour soigner cette maladie. Souvent on prescrit la pilule, que je considère comme un cache misère, on donne des anti-douleurs puisants, on opère lorsque les morceaux d’endomètre sont imposants ou l’on met la patiente sous ménopause artificielle (avec tous les effets secondaires qui vont avec).

Depuis quelques années les endogirls, comme on dit, font entendre leur voix pour qu’on reconnaisse un peu plus cette maladie féminine et qu’on commence à chercher un traitement. En effet jusqu’ici beaucoup considéraient les douleurs menstruelles comme normales, à coup de « arrête d’être une chochotte ».

Oui mais malheureusement quand « ces chochottes » ont voulu faire des enfants bien plus tard, il était généralement trop tard pour elles car la maladie avait endommagé l’appareil reproducteur. Et c’est à ce moment là que les médecins reconnaissaient que finalement ce n’était pas du cinéma !
Des années de douleurs et d’ignorance, voilà ce qu’ont vécues beaucoup de femmes atteintes d’endométriose.

Pour ma part j’ai eu plus de chance, car en 2017 les langues sont déjà dénouées et on fait un peu plus attention aux symptômes des patientes. Effectivement j’ai vu deux médecins généralistes et une gynéco, qui ne m’ont pas parlé d’endométriose lorsque je leur ai parlé de mes douleurs. Mais ils m’ont posé des questions, prescrit des prises de sang et ne m’ont jamais jugé.

Quand les douleurs ont commencé à être plus violentes et insupportables (au point de se mettre en boule au sol en pleurant), la médecin de l’hôpital et une autre gynéco ont commencé à parler de l’endométriose avant que je ne le fasse moi-même. C’est ainsi, après une échographie vaginale, qu’on a vu des morceaux d’endomètre sur mes ovaires, qui me tiraillaient depuis un an.

J’estime qu’on me l’a diagnostiqué assez rapidement et je me considère chanceuse au vu de l’évolution rapide des douleurs.

On m’a prescrit la pilule que j’avais arrêté depuis un an et demi, dans l’idée de stopper tous ces produits chimiques qui nous détruisent à petit feu. Je vais me renseigner pour des traitements plus naturels.

Les douleurs sont encore très présentes dans mon quotidien et le pire à gérer pour moi ce sont les gros coups de fatigue. Je suis quelqu’un de dynamique, hyper active, qui veut faire un million de choses en une journée alors me retrouver au milieu du supermarché à errer tel un zombie à travers les rayons ou pire, cloué au fond de mon lit par une belle journée, ça ne me plait pas ! Du coup quand je me sens en forme je n’hésite pas une seule seconde :

  • à avancer à fond dans mon travail
  • à tout donner pour mes séances (musculation et maintenant course sur tapis)
  • à sortir profiter du beau temps et continuer à visiter la corse
  • faire mes séances photos pour mon blog et mes réseaux
  • faire mes courses et préparer mes repas en avance
  • profiter de mes proches
  • m’occuper de ma décoration

Pourquoi j’en parle aujourd’hui ? 

Depuis que j’en ai parlé une fois sur Instragram et une fois sur mon Facebook, une fille et un ami (pour sa copine) m’ont envoyé des messages pour en savoir plus car elles ont commencé à ses poser des questions suite à mes posts. En effet elles ont les mêmes douleurs et symptômes depuis des années sans qu’on ne leur ai jamais parlé de cette maladie. Pour l’instant je ne sais pas si ces personnes l’ont mais si le fait d’en parler un peu, peut faire s’interroger quelques personnes et donc faire avancer les choses, je le ferais !

Non les règles très douloureuses, ce N’est PAS normal !

Alors si vous en avez, n’hésitez pas à en parler avec votre gynéco. Il vaut mieux faire quelques examens négatifs, plutôt que de souffrir sans réponse pendant des années puis se rendre compte trop tard que la possibilité d’être mère ne sera pas aussi facile que vous le pensiez.

L’alimentation face à l’endométriose

Comme toute maladie il est conseillé de surveiller son alimentation et de supprimer ce qui pourraient aggraver les symptômes.

Le problème numéro de l’endométriose est l’inflammation car elle met à rude épreuve le système immunitaire. Cependant l’alimentation moderne favorise l’inflammation !

Le gluten contenu dans de nombreux aliments industriels provoque l’inflammation et le gonflement de notre appareil digestif. En effet notre organisme n’est pas fait pour digérer cette protéine ce qui provoque la production de zonuline qui crée de l’inflammation.
Je n’ai jamais fait attention à mon consommation de gluten pensant ne pas y être sensible. 

Le sucre, sous toutes ses formes (raffinés, artificiels et naturels), peut produire un environnement plus acide qui peut encourager la douleur inflammatoire de l’endométriose.
De ce côté j’ai une consommation de sucre très limitée mais pas nulle. Sur le blog vous trouverez plusieurs articles pour vous aider à diminuer le sucre ou se faire plaisir avec des recettes sans sucre

La caféine augmente le taux d’oestrogène lorsqu’elle est consommée en trop grande quantité. La caféine se trouver dans le café bien sur mais aussi dans le thé et le soude.
Autant vous dire que jusqu’ici je buvais des litres et des litres de thé vert par jour. 

Les produits laitiers peuvent également aggraver les symptômes. Il est conseillé de les arrêter et de les remplacer par des aliments riches en calcium comme les amandes, le saumon, les épinards… Cependant éviter également le lait de soja qui provoque une inflammation à cause de l’acide physique qu’il contient et qui est connu pour irriter le système digestif.
Autant vous dire que je ne consomme plus de produits laitiers depuis un moment mais que je les ai remplacé par du lait de soja…

Il existe d’autres aliments à éviter tels que l’alcool, les gras saturés et la viande rouge. Mais ces trois catégories d’aliments ne font plus (ou presque pour la bière) partis de mon alimentation depuis longtemps.

Les hommes et l’endométriose

Dans cette mésaventure mon homme est un véritable pilier, il prend soin de moi et me relaye pour certaines choses que je ne peux faire. Il me dit souvent qu’il voudrait prendre ma douleur car ce n’est pas juste que ça m’arrive à moi.

Comme je vous le disais plus haut, un ami m’a envoyé des messages pour en savoir plus car il était très inquiet pour sa chérie.

L’autre jour sur twitter, un homme parlait de l’endométriose de sa femme et la chance qu’ils ont eu d’avoir un enfant naturellement. Il demandait aux femmes atteintes de ne pas perdre espoir car ce n’est pas impossible.

Ce n’est pas seulement un combat de femme, les hommes aussi se sentent concernés et veulent nous aider dans cette épreuve.

Les personnalités qui ont l’endométriose

L’actrice Laetitia Millot est touchée par cette maladie dont elle parle dans son livre « C’est pour quand le bébé? ». Elle est aussi la marraine de l’association EndoFrance.

A lire pour en savoir plus sur le combat de Laetitia Millot.

La chanteuse Imany parle souvent de son combat contre l’endométriose et la chance qu’elle a eu de devenir maman malgré la maladie.

A lire pour en savoir plus sur le nombre d’Imany

Récemment Enora Malagré confiait qu’elle était atteinte de l’endométriose qui l’empêche de devenir maman pour le moment.

A lire pour en savoir plus sur son combat contre la maladie

N’hésitez pas à partager votre expérience, beaucoup de filles pensent être folles et se sentent seules. Elles ont besoin de nous.

1 Comment
  • Marie
    mars 8, 2017

    Bonjour Laura 🙂

    Je suis étudiante en pharmacie, en 5e année, et je prépare ma thèse pour l’année prochaine que nous faisons à deux avec une amie. On a choisi ce sujet parce que je trouve aussi que c’est très important d’en parler, ça reste encore beaucoup trop tabou et pourtant c’est tellement important ! Quand on pense que le retard de diagnostic reste d’environ 7 ans ça me rend malade, 7 ans c’est beaucoup trop …
    Le sujet s’orienterait plutôt sur ce qu’on peut entreprendre en pharmacie d’officine, quels signes repérer, vers quelles structures orienter les jeunes femmes. Pour les traitements, il me semble que le plus efficace est la pilule en continu, justement pour éviter les règles et les lésions que les cellules d’endomètre ayant migré entraînent … Par contre il y a sûrement des méthodes plus naturelles pour la gestion de la douleur, en tout cas ça me donne pas mal d’idées de choses importantes à aborder dans cette thèse, merci pour cet article 🙂
    Nous voudrions lancer un questionnaire mais nous ne savons pas encore quelle forme lui donner, quelles questions intégrer ni quand nous allons le lancer (j’avoue on ne sait pas encore grand chose ahah mais ça m’aide beaucoup de lire des articles sur le sujet pour cerner les questions indispensables) mais cela m’intéresserait d’avoir ton avis si tu es d’accord ? Est ce qu’un(e) pharmacien(ne) t’a déjà posé des questions par rapport à d’éventuelles douleurs ?

    Merci encore pour cet article, j’espère qu’il pourra aider un maximum de jeunes filles/femmes !

    Marie

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